|
Menu |
ACDS_Concepts_Fondamentaux
ACDS_Concepts_Fondamentaux
Dans la stratégie d'intervention socio-économique de l'ACDS, l'individu ou l'Être Humain s'impose en tant que sujet de référence du concept de sécurité. Et cette position de l'Être Humain répond aux valeurs de la théorie critique, qui sont celles de développer les relations internationales dans un sens plus ou moins ethique, équilibré et global, d'une part, et celles d'introduire la notion d'émancipation de l'Être Humain dans le monde de la sécurité, d'autre part. I. Cadre conceptuel et théorique : définitions des concepts de base Avant de procéder à la description du champ d’action de l’ACDS, il importe de définir très brièvement les concepts fondamentaux qui régissent son projet social. a) Les femmes comme éléments constitutifs de groupes sociaux vulnérables Nous sous entendons par «groupes sociaux vulnérables», la partie de la population la plus exposée aux menaces de l’insécurité en général. Son niveau de vie est largement situé au seuil ou en dessous du seuil de la pauvreté. Dans cette catégorie, on enregistre le plus souvent les personnes âgées, les femmes et les enfants qui constituent dans la plupart des pays en développement les groupes sociaux les plus exposés à l’insécurité (sous toutes ses formes) et à la misère. Cependant, dans les pays massivement ravagés par la guerre, comme la RDC, cette catégorie peut s’étendre sur une plus large couche de la population (jeunes adolescents et adultes de deux sexes). Dans notre projet, l’accent sera posé avant tout sur les possibilités d’amélioration des conditions des vies des femmes, car elles constituent la grande majorité des groupes sociaux défavorisés. b) Le concept de sécurité humaine et d’émancipation sociale Selon la perspective des études critiques sur le concept de la sécurité (globale) , l’objet de référence du concept de sécurité n’est pas un élément philosophique abstrait comme l’État ou le système international, mais l’Être Humain ou l’individu en tant que sujet de la communauté humaine. Et dans cette même perspective critique de l’éthique globale, plusieurs auteurs avancent des raisons bien précises qui peuvent être classées en deux grandes catégories d’argumentations qui justifient valablement le choix de placer l’Être Humain au centre du concept de sécurité . Dans la première catégorie d’argumentation, l’individu ou l’Être Humain s’impose en tant que objet de référence du concept de sécurité, car il répond aux prémisses théoriques critiques. Ici, selon Krause et Williams (1997), l’Être Humain se trouve au centre de l’analyse, de ce fait, l’explication et la compréhension du monde découlerait d’un processus collectif impliquant l’observateur et les acteurs sociaux. En outre, l’Être Humain se trouve au centre du concept de la sécurité parce que les structures sociales, non réifiées, sont composées des individus et constituées par ceux - ci. Pour éviter toute logique d'insécurité basée sur une politique de guerre, l’Être Humain s’avère ici le meilleur objet de référence de la sécurité et cette position de l’Être Humain répond aux valeurs de la théorie critique, qui sont celles de développer les relations internationales dans un sens plus ou moins éthique et équilibré, d’une part et celles d’introduire la notion d’émancipation de l’être humain dans le monde de la sécurité, d’autre part. Dans la deuxième catégorie d’argumentation, l’Être Humain s’impose également comme référence de base du concept de sécurité, dans la mesure où il substitue valablement l’objet de référence des théories réalistes de la sécurité, soit l’État qui paraît, en ce qui concerne les pays de l’Afrique centrale et ceux de la région des grands lacs africains, des États voisins de la RDC qui éprouvent beaucoup de difficultés d’ordre politique et social et par conséquent ont du mal à assurer la sécurité de leurs citoyens.. Car, en Afrique centrale et dans la région des grands lacs africains, dès le début de l’ère unipolaire, la guerre multiforme, telle qu’on la concevait autrefois, a, en effet éclaté et s’est étendue sur un spectre dont on ne perçoit pas toujours la cohérence. La violence est diffuse, la paix ne se distingue pas, dans plusieurs pays de la région, de la guerre. La politique intérieure et la politique étrangère se chevauchent. Les guerres civiles à caractère ethno -politique se transforment en conflits transfrontaliers, donc régionales. Ainsi, face aux horreurs commises par les troupes sans frontières dans les territoires assiégés en République Démocratique du Congo (RDC), et devant cette situation de chaos inextricable, où ni différence existe entre militaires et civils, où la terreur et la mort ne participent d’aucune dynamique rationnelle, la sécurité avancée comme motif officiel de leur agression en RDC s’avère comme un prétexte qui dévoile les difficultés qu’éprouvent les États de l’Afrique des grands lacs d’assurer et de garantir le développement et la sécurité régionale. Ici, le rôle que peuvent jouer les organisations congolaises apolitiques, les institutions nationales à vocation sociale est donc essentiel pour consolider les efforts des masses populaires et ceux de l’État Congolais dans le processus de développement et de reconstruction nationale après la guerre. II. L’insécurité en RDC, l’une des causes majeures du sous-développement En effet, l’impact des guerres successives sur les femmes Congolaises et les enfants, notamment dans les provinces du Nord-Est, restera très longtemps marqué dans leur vie, tandis que bon nombre d’observateurs internationaux travaillant dans les zones jadis massivement assiégées par les troupes d’agression ougando-rwando-burundaises en RDC commencent enfin à y voir une autre de ces «urgences silencieuses» que décrit James Grant, membre de l’UNICEF, à propos de la santé des enfants et la situation des femmes dans les pays ravagés par les conflits armés. Les Nations Unies ont également publié deux rapports en 2002 sur les femmes dans les conflits armés et dans le processus du maintient ou de reconstruction de la paix. Les autres organismes humanitaires et défenseurs des droits de la personne tels que Amnesty International, Human Rights Watch, Oxfam, Save the Children, le Comité International de la Croix – Rouge, etc. font le même constat et acceptent en grande partie la même analyse de base : les femmes et les enfants souffrent très profondément de tous ces guerres monstrueuses qui ravagent bon nombres des pays en voie de développement et situés en marge de l’économie mondiale. Ils constatent cependant par la même occasion que le rôle de la femme est primordial dans le mécanisme de reconstruction de la paix durable et la réorganisation structurelle sur les plans social et économique de leurs pays. La sécurité de la femme est un élément vital pour chaque société, car les agressions contre la femme, en particulier la violence sexuelle, facteur majeur de la transmission du virus de VIH, menace le tissu même de ces sociétés. Tel est le cas en République Démocratique du Congo. En 2000, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a voté la résolution 1325 sur «Les femmes, la paix et la sécurité». Ce rapport souligne le rôle vital des femmes dans la résolution des conflits. Il ordonne également un examen à la fois de l’impact des guerres sur les femmes et de leur rôle dans la reconstruction de la paix durable. Il est devenu en quelque sorte une formule de référence majeure pour les organisations internationales non gouvernementales et les chercheurs intéressés par cette question, faisant naître sur le terrain des espoirs d’un réel changement, malgré le scepticisme très répandu sur les engagements des Nations Unies, compte tenu, plus précisément, des très faibles performances de l’organisation en matière de promotion des femmes. Néanmoins, l’équipe chargée d’évaluer cet impact était dirigée par deux femmes : Ellen Johnson du Libéria et la Finlandaise Élizabeth Rehn. Le but de ce rapport indépendant était de mettre en lumière, fût-ce en partie, les traumatismes subis par les victimes et les problèmes posés par les femmes elles-mêmes. Par ailleurs, la reconnaissance du viol comme crime de guerre s’est vivement manifestée dans le conflit bosniaque dans le Balkan. L’une des raisons , selon plusieurs observateurs internationaux, est que les victimes dans ce cas sont de race blanche, des Européennes et attireraient l’attention massive des grands médias occidentaux, contrairement aux femmes africaines du Sierra Léone ou celles de la République Démocratique du Congo, victimes des guerres économiques dans le contexte d’une mondialisation criminalisée. La déconsidération des victimes africaines, un comportement que certains observateurs qualifient de «double norme» internationale, joue un rôle important dans la pression ou l’absence de pression, appelant à la justice pour les femmes victimes de violence sexuelle et autre forme de violence. Une abondante littérature, notamment de ce besoin de justice- réparation dans l’Afrique du Sud post-apartheid, appelle à une large reconnaissance de ce besoin de justice incontournable en tant que condition sine qua non de la réconciliation dans des sociétés profondément traumatisées, telles que celles de toutes les zones de guerre en Afrique au sud du Sahara, notamment en Afrique centrale. Car en Afrique des grands lacs, seul le Rwanda possède un Tribunal Pénal international. Par contre la RDC, surtout à l’Équateur et dans ses régions orientales (Haut Congo; Kivu; le Nord-est Katangais), serait un endroit idéal pour pratiquer une telle approche, combinant l’atrocité historique, les crimes des guerres du conflit régional (1998-2003) en présence d’une société civile congolaise en éveil. C’est une telle combinaison qui, en 2000, a fait du tribunal de Tokyo sur le comportement des soldats japonais pendant la seconde guerre mondiale un jalon historique dans un monde moderne. Dans le cas de la RDC, du fait de la catastrophe humanitaire apocalyptique, et l’intensité des viols systématiques des soldats séropositifs à l’endroits des femmes Congolaises, un phénomène cruel qui ressort les caractéristiques d’une guerre biologique(Human Rights Watch : 2002), le travail de la justice-réparation et de vérité ne peut pas attendre cinquante ans, les victimes risquant de mourir bien avant ce délais très long. Par conséquent, la société civile en RDC, les organismes féminins avec l’appui des organisations internationales de défense des droits de la Personne doivent se mobiliser pour placer la violence contre les femmes au cœur des programmes de «réconciliation» et de reconstruction de la société en RDC. La société congolaise a grand besoin du soutien international pour faire face aux conséquences de la guerre: la protection et l'éducation de nombreux enfants orphelins, l'orientation scolaire et professionelle, l'encadrement ainsique la prise en charge sociale des jeunes Congolais délaissés à eux-mêmes ou issus des milieux défavorisés; les veuves, mères et déminues, etc. Et l’ONU, encore une fois, est vivement interpellée par les femmes Congolaises à travers l'ACDS, alors qu’il est possible et indispensable de montrer à la face du monde entier pour la première fois dans son histoire, quant à son mode d’intervention au Congo Démocratique, à partir du secteur oriental (Nord-Est) de la RDC, comment une justice internationale réellement rendue à des dizaines de milliers de femmes Congolaises victimes des crimes de guerre, pourrait être un facteur de transformation sociale vers le progrès, le développement économique et la sécurité humaine, tant sur le plan national que régional. De nouvelles initiatives sont de facto nécessaires pour traiter cet aspect tragique non reconnu qu’est la situation désastreuse du peuple Congolais en général, et celle des femmes Congolaises en particulier, une situation horrible qui perdure depuis la création de l’État Indépendant du Congo en 1885. Jeanne-Marie SINDANI P. Présidente Directrice Générale |
Connexion |