|
Menu |
DeveloppementSocial
ACDS-DÉVELOPPEMENT SOCIAL ET LA SÉCURITÉ HUMAINE EN RDC
(pages en cours de préparation.) ......................................................................................................................... I. DE LA SOCIÉTÉ CIVILE EN RDC La RDC et son peuple traversent depuis plus de deux siècles une succession d’évènements assez douloureux qui nous poussent à la réflexion et à la mise sur pied des pistes de solutions concrètes pour remédier à cet état des choses. Dans le même contexte, la plus grande majorité de l’élite congolaise, tant au sein de la diaspora qu’en RDC, reconnaît l’importance de la paix, du rôle géopolitique, économique et stratégique que représente la RDC dans la région, en particulier, et au niveau international, en général. La paix et la sécurité ainsi que la stabilité régionale et le développement social en Afrique centrale et des grands lacs auront leurs fondements d’abord en RDC ou n’auront pas lieu. La plus grande majorité du peuple congolais est consciente de la situation et veut prendre part au processus de reconstruction nationale. À travers ces nouvelles perspectives, l'ACDS veut contribuer au renforcement de la conscience sociale qui se dote d'un pouvoir d'agir, d'éduquer, de sensibiliser les acteurs politiques et sociaux, tant en RDC que sur le plan international, afin de défendre les droits de la Personne, les droits nationaux et internationaux dans ce pays, la RDC, où la violence, la violation des droits fondamentaux et l'impunité ont une tradition historique scandaleuse et inégalée dans l'histoire de l'humanité. Ce sont ces facteurs cités plus haut qui sont à la base du sous-développement, de la décadence sociale et de l'insécurité humaine en RDC. Pour rompre ce cercle vicieux cruel, l'ACDS veut contribuer et participer, à travers ses programmes, à la mise sur pied des activités et des stratégies de prévention et de lutte contre l'insécurité humaine en RDC. L'ACDS veut oeuvrer pour la sécurité sociale, réconcilier et défendre les valeurs nationales et universelles de notre époque pour le bien-être collectif en RDC. RÔLE DE LA SOCIÉTÉ CIVILE EN RDC LE CAS DE LA PROVINCE DU SUD-Kivu République Démocratique du Congo La Société Civile de la Province du Sud-Kivu est l’une des onze sociétés civiles structurées en Bureaux et Coordination Provinciale en République démocratique du Congo (RDC). C’est l’ensemble de ces Coordinations Provinciales qui constitue la « Société Civile Nationale de la République Démocratique du Congo ». La structuration de chaque Bureau de Coordination tient naturellement compte des spécificités et des réalités locales propres au mouvement associatif de chaque province. La Société Civile de la Province du Sud-Kivu est le fer de lance de la société Civile Nationale du Congo Démocratique. En effet, de par l’ancienneté de son organisation structurée et surtout par son dynamisme, la Société Civile du Sud-Kivu a prouvé par la constance de ses prises de position contre les anti-valeurs qu’avait institutionnalisées la dictature sanglante du Président Mobutu ainsi que par le rôle déterminant dont elle a fait montre pendant tous les travaux de la Conférence Nationale Souveraine de 1991-1992. Ce ne fut que pendant cette période seulement que les autres provinces du pays ont pu créer et structurer leurs sociétés civiles à l’instar de celle du Sud-Kivu. La Société Civile de la Province du Sud-Kivu s’est récemment investie patriotiquement et courageusement aux côtés des populations dans la lutte et la résistance farouche contre l’agression et l’occupation illégale des territoires de l’Est du Congo par les troupes régulières des pays voisins, à savoir l’Uganda, le Rwanda et le Burundi, de 1998 à 2003. . En tant que Contre-Poids du Pouvoir, Contre-Pouvoir, quel qu’il soit, la Société Civile n’a pas de programme de conquête de pouvoir. Cependant, les Leaders de la Société Civile doivent être capables de maîtriser les questions sociales, économiques, politiques et sécuritaires du Pays. Pour ce faire, ils doivent être à l’écoute permanente de la Base dont ils sont l’émanation. La Société Civile demeure inévitablement et incontestablement le partenaire privilégié de l’Etat, avec lequel elle entretient les relations horizontales pour l’intérêt supérieur de la Nation. A cet effet, la Société Civile ne peut être un instrument de propagande au service du Pouvoir quel qu’il soit. C’est pourquoi, tout dirigeant ou tout leader de la Société Civile appelé à occuper une fonction gouvernementale ou dirigeant d’un parti politique et qui l’accepte, est immédiatement réputé démissionnaire du mouvement associatif. Il ne pourra donc plus prétendre redevenir Leader de la Société Civile après la cessation de ses nouvelles fonctions politiques. Cependant, à la demande des populations abandonnées à elles-mêmes et désabusées par les politiciens et l’Etat en place à l’époque, pour la période de la Transition en cours au Congo depuis le 30 juin 2003, les délégués de la Société Civile font partie des membres nominés dans toutes les Institutions pour y faire entendre les aspirations des populations opprimées par les politiciens véreux et corrompus ainsi que par les belligérants criminels et bourreaux du peuple et qui continuent jusqu’à présent à être au service des intérêts étrangers obscurs. Malgré cette situation tout-à-fait particulièrement exceptionnelle et ponctuelle, les dirigeants et les leaders de la société civile à tous les niveaux, qui ne sont pas aux affaires, continuent d’assumer leur mission sacrée traditionnelle et restent très vigilants. Donc, les dirigeants de la Société Civile sont une véritable courroie de transmission entre la base (peuple) et le Pouvoir au sommet de l’Etat. Au Sud Kivu, la Société Civile est une coalition des organisations civiles à but non lucratif, de droit congolais et réellement sur le terrain dans la Province où elles n’oeuvrent que pour le bien-être des populations. Le Bureau de Coordination Provinciale de la Société civile du Sud-Kivu est composé des membres élus démocratiquement au second degré par l’Assemblée Générale des membres. Leur mandat est de quatre années renouvelable et gratuit. Les organisations membres de la Société Civile du Sud-Kivu autorisées officiellement à fonctionner sont regroupées en dix Composantes dont certaines ont créé en leur sein une ou plusieurs Plates-Formes. Ces Composantes sont les suivantes : 1. Groupe d’associations de Développement (Plates-formes : CHAÎNE DE SOLIDARITE, CODA, CRONGD, FILADER, etc…) 2. Groupe d’associations des Femmes 3. Associations et organisations des Jeunes 4. Groupe d’associations universitaires et de Recherche 5. Associations de Promotion et de Défense des Droits de l’Homme 6. Groupe d’associations patronales 7. Groupe de Syndicats des Travailleurs et de Corporations 8. Associations et organisations Humanitaires et Caritatives 9. Groupe d’associations des Sports et Loisirs 10. Groupe de Confessions religieuses reconnues (Catholique, Protestant, Kimbangiste et Communauté Islamique). Au-dessus de la pyramide de toutes ces composantes se trouvé placé le Bureau de Coordination Provinciale. Ce Bureau a une mission sacrée de préserver, promouvoir, et diffuser la Tradition démocratique. Il est à cet effet : - Le Porte-parole de la Société Civile dans son ensemble - L’Animateur principal de la Société Civile - Le Coordonnateur des activités des Composantes - Le plaidoyer de la Société Civile en faisant les les missions de lobbying. Les Comités d’Antenne de la Société Civile jouent le même rôle au niveau des entités administratives de base, à savoir . les territoires, Communes et Cités. CONTACTS : 1, Au siège Social à Bukavu, avenue Kibombo n° 12 Commune d’Ibanda (Sud-Kivu). Monsieur Emmanuel Rugarabura, Président Faisant Fonction, tél. (+243)98623922 Le Secrétaire Permanent, Mr Pierre Saidia Mulamba, tél (+243) 813 1769 18 et Thadée (+243) 813 1762 47. Internet : socuv_bureausk@yahoo.fr 2. A Kinshasa : Le Vice-Président (Président a.i.) L’Honorable Sénateur Gervais Chirhalwirwa, tél (243) 815 1479 23. Internet : mwamisc@yahoo.fr 3. Le Président : Joseph M. Kyalangilwa (aux soins médicaux en Suisse) Zelglistrasse 3 CH-8370 Sirnach/Suisse Tél & Fax 0041 71 966 7315 Portable : 0041 79 510 2479 Internet : esperance@tiscali.ch II.. Le développement social en RDC L'un des principes fondamentaux et objectifs poursuivis par l'ACDS est sans doute le développement social en RDC, ayant pour référence majeure le rôle de la femme Congolaise. Entant que mère et première éducatrice de la jeunesse congolaise, la femme constitue le point de jonction autour duquel gravite toute la dynamique familiale et sociétale. Ainsi, la sécurité sociale et la participation active de la femme Congolaise dans le processus de reconstruction nationale constituent les éléments essentiels et incontournables pour le développement en RDC. Dans un contexte d'après guerre, l'ACDS veut priviligier une approche analytique centrée sur la réflexion «critique» et basée sur les enjeux de la sécurité Humaine en RDC, afin de pouvoir présenter une dialectique visant à l'élaboration de quelques pistes de solutions pertinentes pour améliorer les conditions de vie et de survie des femmes Congolaises, victimes de la violence sous toutes ses formes, d'une part, et de la réorganisation sociétale après la guerre, d'autre part. II. Mesure de prévention et de lutte contre l'insécurité Humaine en RDC La femme dans la tourmente des guerres en République démocratique du Congo Du 2 août 1998 au 30 septembre 2001 LE MÉMORIAL Par Lisette Banza Mbombo et Christian Hemedi Bayolo Kinshasa © Centre international des droits de la personne et du développement démocratique, 2002. Ouvrages et rapports de références des cas spécifiques des violations des droits de la femme en RDC. Notes. Annexe 1 : Cri du coeur des mamans. Annexe 2 : Carte de la RDC: les zones occupées par les belligérants armés. TABLEAUX SYNOPTIQUES DES VIOLENCES FAITES À LA FEMME. Tableau 1 : Les cas d'assassinats. Tableau 2 : Les cas de viols. Tableau 3 : Femmes et jeunes filles enlevées et victimes d'esclavage sexuel. Tableau 4 : Les cas de traitements cruels, arrestations arbitraires, détentions illégales, coups et blessures, tortures. Tableau 5 : Les cas de massacres de Makobola. Tableau 6 : Les cas de massacres de Bunyakiri et de Kalembi/Mwenga Tableau 7 : Les cas de massacres de Kassira, Kilungutwe et autres localités. Tableau 8 : Les cas de femmes enterrées vivantes. Tableau 9 : Les cas de massacres de Kahungwe. Tableau 10 : La 2è guerre de Kisangani (5 mai 2000) entre rwandais et ougandais. Tableau 11 : La guerre de six jours entre rwandais et ougandais à Kisangani. Tableau 12 : Massacres et exécutions sommaires et tortures dans le territoire d'Uvira. Tableau 13 : Massacre de Lemera. Tableau 14 : Massacre de Katogota. 2. LA FEMME ET LA GUERRE EN RDC 2.1. DES CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES La guerre actuelle qui, de l'avis de l'organisme de secours International Rescue Committee (IRC), a fait directement ou indirectement plus de deux millions de morts en RDC affecte de manière particulière la femme. Elle a perdu mari, maison, biens, enfants, positions sociales. Elle vit en dehors de son milieu naturel dans des camps de réfugiés, des centres des déplacés de guerre ou dans les forêts. Son intimité est constamment violée. Elle est humiliée car vivant dans la dépendance des aides humanitaires hypothétiques ou familiales pour sa survie et celle de toute sa progéniture dont elle reste généralement la seule responsable et parfois dans le dénuement total. Dans une enquête sur les conséquences de la guerre sur les femmes de Shabunda au Sud Kivu, Gertrude Mudekereza de PAM/Bukavu écrit ce qui suit : « De la guerre qui se déroule dans les brousses congolaises, la femme en porte des cicatrices encore saignantes. Si elle n'est pas violée, elle est séparée de son mari, qui a fui ou s'est engagé dans les bandes armées. La pauvre femme est aussi séparée de ses fils qui, emportés également par les bandes armées ne reviendront peut-être plus jamais à la maison. Ses filles sont obligées de contracter des mariages précoces pour que leurs ignobles tortionnaires n'aillent pas jouir de leur virginité car, pour les mères, mieux vaut cela que de voir leurs filles enlevées vers les brousses inconnues. Qui peut apporter la consolation à ces mères enchagrinées, qui pleurent leurs enfants quoique vivantes. Les filles, en plus de tout cela sont une main d'œuvre facile pour les travaux serviles et viles : elles sont enlevées pour tamiser les minerais en faveur des exploitants illégaux, pour le transport des munitions, pour faire la cuisine pour des bourreaux qui finissent par abuser d'elles, pour servir d'espionne... Non préparée au rôle de chef de ménage, la femme abandonnée perd patience et se remarie pour s'assurer une protection physique. D'autres encore pour une sécurité économique se vendent, se prostituent pour nourrir les enfants ou subvenir à l'un ou l'autre besoin de la famille ... Bon nombre de femmes abandonnées finissent par développer des maladies psychosomatiques (estomac, cardiaque) à cause de la persistance du stress de la guerre... » (18). Dans son rapport intitulé « Notre situation au Kivu particulièrement au Sud Kivu au jour le jour » daté de Bukavu le 10 septembre 2001, le Centre Olame constate que la multiplication des cas de viols enregistrés depuis le mois de mars 2001, du côté de Nyatende-Muku-Kamisimbi-Cidorho-Cimpwiji, est à la base de l'exode massive des populations vers les zones urbaines : « Ces viols se sont pratiqués systématiquement village par village, ce qui a provoqué le déplacement des familles vers les centres et banlieue de la ville fuyant les atrocités... Du côté de Kajeje, Murhessa autour du parc national de Kahuzi, c'est régulièrement que les jeunes femmes et filles sont violées...» (19). D'après une étude menée par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), plus de 80 % des réfugiés et déplacés en temps de conflits sont des femmes et des enfants (20). Cette situation s'explique par l'accroissement de l'insécurité et la peur des attaques qui poussent les femmes à prendre le chemin de l'exode. Ainsi, de nombreux massacres perpétrés dans les zones de conflits ont amené des femmes paysannes et des personnes à charge à se réfugier dans des zones présentant moins de turbulence soit en forêts, soit en villes, soit à l'étranger. Plus de 2,5 millions de personnes survivent dans cette situation d'après des données rendues publiques en avril 2001 par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) (21). La femme congolaise vit un véritable drame car elle voit la violence physique et morale des seigneurs de guerre s'exercer sur elle en termes de viol, massacre, assassinat, arrestation arbitraire et détention illégale, de coups et blessures, de prostitution forcée, d'esclavage sexuel. 2.2. DES ASSASSINATS ET DES MASSACRES Depuis le début de la guerre plusieurs massacres et assassinats ont été commis spécialement par les troupes du Rwanda, de l'Ouganda et du Burundi ainsi que leurs alliés rebelles congolais et les milices associées Lire tableaux 1, 6, 7, 8 , 9, 10, 11, 12, 13, 14. Des massacres à une échelle réduite ont été commis par des groupes armés qui sont présents à l'Est du pays (Maï maï, ex. FAR, milices Interahamwe... ). Ces massacres ont touché plus les femmes, les enfants et les vieillards qui, lors des conflits, restent dans les villages; les hommes valides ayant préféré se mettre à l'abri ou prendre les armes. Ainsi, pour le seul massacre de Makobola, plus de 317 femmes et jeunes filles sur plus de 800 morts ont été répertoriées Tableau 5. Plus grave, des femmes sont même enterrées vivantes en vue de semer la terreur et d'extorquer de l'argent aux familles des victimes. Ces atrocités étaient généralement commises dans le territoire de Mwenga (Sud Kivu) et ordonnées par le Commandant Franck Kasereka, qui après avoir été arrêté par le RCD/Goma, s'évadera de la prison sans qu'il soit jugé Tableau 8. Voici le récit fait à Human Rights Watch par une femme, témoin d'une des scènes macabres : « Le lendemain, on a entendu des coups de feu provenant de l'endroit où se trouvaient les femmes. Mon mari, qui est soldat RCD, m'a dit qu'il allait voir s'ils étaient en train de tuer les femmes. Je l'ai accompagné et ai vu ce qui se passait. Ils avaient retiré les femmes des trous et, après les avoir battues brutalement, ils les avaient déshabillées. Ensuite, ils ont pris cinq bâtons et ont violé les femmes avec les bâtons. Ils en ont mis deux dans un trou et trois dans un autre et les ont recouvertes de terre, mais elles étaient encore vivantes » (22). Lors de la guerre de Kisangani, les troupes ougandaises ont ouvert le feu sur une embarcation transportant des femmes et des enfants fuyant la guerre, faisant une trentaine de morts et n'apportant aucun recours aux survivants » (23). Dans son article publié dans la revue Congo-Afrique, intitulé « La justice militaire dans le système judiciaire congolais, quelle réforme? » Le professeur Akele Adau cite le cas d'une femme assassinée par son mari en plein tribunal : « Dans une affaire jugée par la Cour d'Ordre militaire (COM) à Mbuji Mayi, vers la fin de l'année 2000, un militaire mécontent de l'action en divorce initiée par sa femme, abat celle-ci avec son arme dans les locaux du tribunal de paix de Mbuji Mayi. Une balle perdue atteint et blesse grièvement une autre femme dans la région génitale. Alors que le mari « uxoricide » est poursuivi devant la COM pour assassinat, les militaires de la garnison mécontents ont menacé de se livrer à des actes de violence et de pillage dans la ville si l'amant de la victime n'est pas lui aussi poursuivi. (... ) L'amant, un civil « Baba Apostolo » sera poursuivi avec le mari devant la COM et condamné à 15 ans de servitude pénale pour incitation de militaires à commettre des actions contraires au devoir et à la discipline militaire » (24). 2.3. DES VIOLS, DE L'ESCLAVAGE SEXUEL, DES ENLÈVEMENTS DES FEMMES Les viols des femmes continuent dans tous les fronts. La pratique de viol, comme arme de guerre, s'est généralisée pendant ce conflit Lire Tableaux 2 et 3. Dans un rapport conjoint présenté par trois ONG britanniques (Oxfam, Save the Children, Christian Aid) en août 2001, on peut lire comme suit les conséquences des viols commis par les militaires sur des femmes congolaises : « En plus des traumatismes mentaux et physiques et le risque de tomber enceinte, les victimes des viols sont particulièrement vulnérables à contacter le virus de l'immunodéficience humaine (VIH), à la suite de déchirures éventuelles subies lors des viols. Il y a six armées étrangères sur le sol congolais et en moyenne les taux d'infection des militaires peuvent être quatre fois plus élevés que ceux observés chez les civils. L'augmentation du taux de prévalence du VIH/sida chez les Congolais a été décrite comme une bombe à retardement » (25). Compte tenu du caractère particulier des actes de violences sexuelles, les femmes qui ont subi le viol sont souvent « réticentes à parler de ce qu'elles ont vécu, par crainte de revivre en paroles le traumatisme qu'elles ont subi, ou par crainte de l'opprobre attaché au viol, mais aussi par peur des représailles dont elles ou leurs proches pourraient faire l'objet. C'est pourquoi le nombre des témoignages recueillis, même par des tiers, est bien inférieur au nombre de viols commis » (26);. Dans le territoire sous contrôle gouvernemental, des femmes ont été violées massivement dans le Bas-Congo par les soldats angolais venus secourir Kinshasa en août 1998. Plusieurs cas de viols ont été signalés à Kinshasa et même aux abords du Palais de marbre, résidence officielle du chef de l'état. Les cas suivants peuvent être cités : Le 20/02/2000 vers 19 heures, à proximité de l'ambassade du Congo à Kinshasa (à 300 mètres du palais présidentiel), une jeune fille habitant le quartier « Ma Campagne » a été violée par des militaires du Groupe spécial de la sécurité présidentielle (GSSP), sous prétexte qu'elle portait un pantalon. En février 2001, après l'arrestation du commandant Kandolo Jean Calvin dans l'affaire de la tentative d'assassinat du chef de l'état Joseph Kabila, les éléments du GSSP commis à la garde de sa résidence (de Kandolo) ont violé Mlle Vicky, une de ses parentés de passage. Les soldats de la justice militaire dépêchés pour procéder à l'arrestation des coupables se sont butté à la résistance et au refus des camarades des violeurs logés à l'immeuble Moleka non loin du palais présidentiel. Le rapport des enquêtes de M. Gawiya estime à 14% le nombre des femmes interrogées victimes de viols dans le territoire sous contrôle gouvernemental. Dans son rapport général publié à l'issu du Forum national des organisations non gouvernementales des droits de l'homme (ONGDH) de la RDC, le Réseau national des ONG des droits de l'homme au Congo (RENADHOC) relève des cas d'esclavage sexuel en ces termes : « Ailleurs ce que l'on ne peut nommer autrement qu'un esclavage féminin a été signalé à Lwiza dans la province du Kasaï occidental du fait des soldats des FAC. Aucune précaution n'étant prise contre les MST, y compris le VIH, celles-ci continuent à progresser non seulement chez les femmes adultes, mais aussi et surtout chez les enfants nés dans les circonstances ci-haut décrites »(27). Pour sa part, l'enquête nationale sur les conséquences de la guerre menée par la CNPD fait ressortir les préoccupations de la population du Kasaï occidental qui « dénonce une situation d'inceste généralisée du fait que les mères et leurs filles sont souvent violées par les mêmes hommes, militaires des Forces armées congolaises (FAC) et alliés et les Interahamwe. Or les coutumes kasaïennes sont formelles à ce sujet. Les familles vivent dans l'attente des morts en cascade dues à ces pratiques incestueuses qui sont une véritable bombe à retardement, à cause des effets négatifs qui en découlent inéluctablement » (28). Nos sources locales font état de la situation dramatique que vivent les habitants du groupement de Bulembu (Kasaï occidental) où les éléments des FAC et alliés soumettent la population, spécialement les femmes, à des corvées quotidiennes d'eau, de bois de chauffage et de préparation des rations alimentaires. De même les femmes mariées sont harcelées et contraintes aux relations sexuelles par des soldats. Une affluence inhabituelle des femmes venues d'autres contrées et vivant parfois de force avec les militaires y est observée. Dans les territoires occupés, des viols des femmes et des jeunes filles se sont généralisés tant en milieu urbain que dans les centres ruraux. Ces pratiques généralisées sont connues à Kisangani, sous les noms évocateurs de « phénomènes Kigali » ou « phénomènes Kampala » identifiés aux dénominations des capitales des pays dont les violateurs sont originaires. Un groupe de défense des droits de la femme a répertorié 115 viols commis entre avril et juillet 1999 dans les régions de Katana et de Kalehe (Sud Kivu). La projection de ce chiffre sur l'étendue des territoires occupés soit plus de 1 000 000 de km2 et la durée de la guerre (trois ans), donne la mesure du nombre des femmes qui sont affectées par ces pratiques dans cette partie du pays. Ces actes de violences sexuelles sont commis par tous les belligérants à l'Est de la RDC : Armée patriotique rwandaise (APR), Ugandan People's Defense Forces (UPDF), l'Armée burundaise, rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), Maï maï, ex-FAR, Interahamwe, forces d'autodéfense civile, autres groupes armés étrangers. Le viol des femmes mariées est utilisé comme une arme contre les maris soupçonnés de collaborer avec les Maï maï. En outre, les femmes qui ont été exécutées illégalement auraient, pour beaucoup d'entre elles, été retrouvées nues et présentant des marques indiquant qu'elles avaient été violées. A Kindu et dans d'autres parties de la province de Maniema, les combattants se seraient livrés à des viols de façon systématique, surtout entre novembre 1998 et la mi-1999. Parmi les victimes, il y aurait eu des femmes soignées à l'hôpital de Kindu. Dans un premier temps, les auteurs de ces viols ont été désignés comme étant des soldats de l'APR et de l'UPDF, et par la suite, des membres congolais du RCD. Certains combattants se seraient vantés d'avoir infecté les femmes qu'ils avaient violées avec le virus du sida. Pour leur part, les combattants Maï maï commettent de nombreux viols, bien que nombre d'entre eux et de leurs chefs le nient. Ils affirment que les pratiques de sorcellerie qu'ils utilisent pour se rendre invisibles n'auraient aucun effet s'ils violaient des femmes. Amnesty International et d'autres organisations des droits de l'homme ont toutefois reçu de nombreuses informations faisant état de femmes violées après que les Maï maï eurent tué leur mari. Il s'agit là d'une pratique qui vise manifestement à punir et humilier des personnes soupçonnées d'être favorables au RCD et à ses alliés, ou bien de ne pas soutenir les Maï maï. Les violeurs laisseraient derrière eux les femmes mariées qu'ils ont violées, alors qu'ils contraindraient souvent les femmes non mariées à les suivre afin d'en faire leurs esclaves sexuelles (29). Les cas suivants sont illustratifs : Le 5 juillet 1999, des combattants Hutu ont investi la localité de Katana (Kabare) pillant et violant des femmes. Voici le témoignage d'une des victimes : « Quelqu'un m'appelée. J'avais encore mon enfant sur le dos. Celui qui m'avait appelée m'a dit d'enlever mon enfant de mon dos et de me coucher. J'ai refusé. Il m'a forcé à le supplier, à me mettre à genoux et à le supplier encore, et il est parti. Celui qui est arrivé après était moins compréhensif. Il m'a violé. C'était un barbare. Ce n'était pas un humain. Il a jeté mon enfant par terre, j'ai crié et il m'a étranglé. Il a menacé de tuer mon enfant avec son fusil. J'ai lutté mais je n'avais plus la force de résister ; mon enfant de trois ans était là à côté de moi. Après une heure, l'homme est parti. Je ne pouvais pas me lever. J'avais honte pour toute ma famille. (... ) Cette nuit-là, beaucoup de femmes ont été violées. Dans chaque maison, chaque femme, peut-être 200 femmes au total. Mais beaucoup de femmes ont trop honte pour le dire » (30). Certaines femmes auraient été victimes de viols collectifs commis par des combattants du RCD. Ainsi, Mulubi Mateso aurait été violée le 29 avril 1999 par dix combattants du RCD qui l'avaient trouvée en train de travailler dans son jardin, à Makobola. Les soldats l'auraient laissée pour morte; elle a dû, par la suite, être conduite dans un centre médical de Kabimba, près d'Uvira, pour y être soignée. Une autre femme, Anne-Marie Kisesa, auraient été violée le 3 mai 1999 par trois combattants du RCD à Kiliba. Un quatrième soldat, auquel elle opposait une résistance, lui aurait donné un coup de couteau dans la poitrine (31). Un autre cas est celui de Kasika, où plusieurs femmes furent violées lors du massacre qui coûta la vie à plus de 1 316 personnes dont Mwami K. Mubeza, chef de la collectivité-chefferie de Lwindi et le curé de la paroisse, l'abbé Stanislas Wabula Kombe. A 9 heures (du matin) le 24/08/1998), les femmes Njabuka, Maria Wa Minali, Kasibi Jeanne, Nabintu Mtenga, Ntegesa Chidunda, M'Munyanga et M'Chirera qui étaient en train de cultiver dans leurs champs se trouvant le long de la route Mimaladjala ont vu des soldats (de l'APR) venir les prendre de force, les violer pour finir par être assassinées au moyen d'armes blanches. Ces femmes ont été éventrées, leurs yeux parfois arrachés, leurs cadavres abandonnés nus sur la route » (32). M. Ng. Mariée... Shabunda le 9/5/2001. J'habite Matili et je venais à Shabunda pour une visite familiale. Nous étions six femmes. Quelque part sur notre route, des militaires du RCD nous ont demandé de nous arrêter. Nous avons reçu l'ordre de les suivre dans la brousse. Non loin de la route, ils nous ont demandé de nous déshabiller et ils ont couché avec nous en plein air comme des chiennes. Chacune de nous a reçu au moins deux hommes. Ils nous ont tripotées pendant deux jours pour finir par nous chasser. Je n'arrive pas encore à réaliser ce qui m'est arrivé... Je peux peut-être rentrer chez moi et rencontrer mon mari. Je vais essayer de lui expliquer ce qui m'est arrivé. Si, lui arrive à me croire, qu'en sera-t-il de sa famille ? J'ai essayé de dire aux militaires que j'étais mariée. Les militaires ne comprennent pas que mon mari a versé sa dot ! Non ! J'ai l'impression que je vais devenir folle! » (33). Enfin, le Rapporteur spécial pour les droits de l'homme en RDC, dans son rapport de 1999, cite le cas d'esclavage sexuel dont plusieurs femmes et jeunes filles ont été victimes de la part des éléments du RCD et de l'APR le 3 août 1998 à Goma : « Les hommes et les jeunes garçons d'un groupe de 120 personnes qui s'étaient réfugiés dans les locaux de Caritas du diocèse de Goma, après le déclenchement de la rébellion et qui venaient de la zone frontalière de Kibumba ont été séparés des 76 femmes et conduits à une destination inconnue. Les femmes et les enfants étaient conduits dans un hangar en face du bureau diocésain pour le développement où ils seront abusés sexuellement de façon répétée pendant plusieurs jours » (34). Dans les territoires occupés, plusieurs cas d'enlèvements des femmes et jeunes filles sont régulièrement enregistrés par les ONG à destination du Rwanda et de l'Ouganda. Ces femmes sont généralement utilisées soit comme esclaves sexuels ou livrées à la prostitution, soit comme enfants soldats. D'autres femmes congolaises (épouses, concubines, ou amies) qui ont suivi les soldats rwandais ou ougandais dans leur pays d'origine sont abandonnées et livrées à la prostitution ou à la mendicité. L'enquête précitée menée par la CNPD en RDC dénonce également « la déportation des belles femmes kasaïennes vers les pays agresseurs » (35). Dans le même registre, le rapport du Département d'état américain sur la traite des personnes rendu public le 12 juillet 2001 classe la RDC dans la catégorie III et relève que « la RDC est à l'origine d'une importante traite des femmes à destination de l'Europe, principalement la France et la Belgique, à des fins d'exploitation sexuelle... Des soldats ougandais et rwandais ainsi que des rebelles du RCD ont profité des raids qu'ils ont effectués sur des villages congolais pour enlever de nombreuses femmes et filles. De plus des insurgés des pays voisins ont enlevé de nombreux enfants congolais afin de les réduire en esclavage ou de les enrôler dans l'armée » (36). Selon ce rapport, la majeure partie des activités liées à la traite des êtres humains a lieu dans des zones occupées par des rebelles ou des armées étrangères. Dans les zones rurales du Nord Kivu, chaque semaine des « Interahawme» (dit-on) pillent les villages, prennent vaches, chèvres, poules, haricots, manioc... et filles qu'ils amènent dans la forêt. Les jeunes filles servent d'esclaves sexuelles. Quand ils ont fini leur provision, ils vont en chercher dans les villages environnants ou sur la route Kalonge-Murhessa, surtout le jour du marché, ils relâchent les jeunes filles qu'ils avaient prises et reprennent d'autres qu'ils amènent dans la forêt... C'est ainsi que des jeunes filles sont enlevées chaque semaine... (37). « Madame E.B, âgée de 28 ans et mère de quatre enfants, Shabunda 9/5/2001. Nous habitions Kabakita, vers Nyalubwe à 5 km au Sud de Shabunda ville. Le jeudi 13/7/2000 à 20 heures, mes coépouses, nos 13 enfants et moi avons été sommés par les Maï maï à faire nos bagages et à les suivre. Notre mari s'est sauvé. Nous sommes allés dans la forêt où était leur état major de 10 personnes. Notre mari était accusé d'espionner en faveur des tutsis. Ces 10 hommes couchaient avec nous dans la cour au vue de nos enfants. Et cela chaque jour. Ils n'épargnaient même pas l'une des femmes de mon mari qui était grosse. C'est inimaginable ! L'on demandait parfois à mon fils âgé de 14 ans de venir voir par où il était sorti. Il était obligé de me tenir le bras et la jambe pendant qu'un des bourreaux me montait dessus. Mon fils et moi finissions par pleurer quand nos regards se croisaient. C'est seulement au bout de huit mois que nous avons eu la chance de sortir de l'esclavage... Quand nous sommes arrivés ici, ma coépouse a accouché d'un garçon... notre mari nous a offert l'asile. Nous n'entretenons pas de rapports sexuels par peur de contamination. Je crois qu'il a raison... » (38). Dans le Nord-Katanga, des pygmées (chasseurs traditionnels armés des flèches ou simba moto) ont réduit en esclavage les femmes bantoues qui s'étaient réfugiées avec leur mari et familles dans les villages environnant la localité de Kalemie, au tout début de la guerre vers fin 1998. Cette réaction est un prétexte avancé par les guerriers-pygmées contre le traitement discriminatoire (travaux domestiques, injures, dénigrements,... ) qu'ils ont toujours enduré en milieux urbains de la part des bantous qui les considèrent comme des sous-hommes et les traitent d'esclaves. 2.4. DES FEMMES DÉTENUES Dans des centres de détention de l'armée et des services de sécurité, les femmes sont souvent l'objet des violences sexuelles Lire Tableaux 4, 7, et 8. D'après de nombreuses plaintes, la pratique du viol, continue dans les prisons et dans les camps militaires où les victimes sont parfois des petites filles. » affirme le Rapporteur spécial Roberto Garreton dans son rapport du 8 février 1999 sur la situation des droits de l'homme en RDC. (39) A Kinshasa, le cas le plus illustratif est celui de Jeannine Bouchez Mwayuma, femme originaire de Bukavu arrêtée le 28 décembre 1998 et détenue dans les locaux des divers services de sécurité : « Elle était accusée d'avoir des contacts avec l'opposition armée. Cette femme était venue chercher refuge à Kinshasa pour échapper aux combats dans l'est de la RDC. Durant sa détention, Jeannine Bouchez Mwayuma était fouettée deux fois le matin et deux fois le soir. Elle était en outre fréquemment menacée de mort, le châtiment de ceux qui, selon les termes des membres du Conseil national de sécurité (CNS) « trahissaient le pays ». Elle a été maintenue dans une cellule du CNS jusqu'au 6 janvier 1999, date à laquelle un officier de l'armée est venu la chercher pour la conduire dans l'immeuble du Groupe Litho Moboti (GLM), où elle a été sauvagement battue, y compris à coups de tuyau de métal. L'officier et plusieurs autres soldats l'ont emmenée dans un hôtel du quartier de Kintambo à Kinshasa, où ils l'ont interrogée et violée. Elle a été transférée par la suite dans le centre de détention de la Détection militaire des activités anti-patrie (DEMIAP), d'où elle aurait été à plusieurs reprises emmenée par un haut responsable de l'armée dans différents hôtels de la capitale pour y être violée. Le 16 février 1999, Jeannine Bouchez Mwayuma a été transférée dans le Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK). Le lendemain, elle comparaissait devant la COM pour y répondre « d'atteinte à la sûreté de l'état ». Son procès n'était pas achevé lorsqu'elle s'est vu accorder, le 9 mars 2000, une mise en liberté provisoire, conséquence de l'amnistie proclamée par le président (Laurent Désirée Kabila) en février pour les personnes accusées ou coupables d'infractions politiques. Aux termes de l'ordonnance de mise en liberté, Jeannine Bouchez Mwayuma devait rester à Kinshasa, se présenter chaque lundi et chaque vendredi devant la COM, et ne jamais être vue dans un port ou un aéroport (40). Dans les territoires occupés, les personnes arrêtées sont souvent soumises à toute sorte de torture au cours de leur détention notamment le recours au viol. Les femmes ont affirmé avoir été violées et abusées sexuellement pendant leur détention dans les zones urbaines contrôlées par le RCD et l'APR. L'un des centres de détention non officiels le plus tristement célèbre pour les tortures qui s'y pratiquent se trouve à Goma : il est connu sous le nom de « Chien méchant ». Ainsi, des prisonnières sont souvent impunément violées soit par les gardiens, soit par d'autres détenus, débouchant pour certaines femmes à des grossesses non désirées. Dans son rapport daté du 1er février 2001, le Rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits de l'homme en RDC signale l'arrestation des militantes du Programme d'appui aux initiatives féminines (PAIF) : « le viol et le tabassage des lycéennes arrêtées pour avoir réclamé la validation de leurs diplômes en RDC et la persistance des viols des femmes détenues en particulier dans le lieu de détention appelé « Chien méchant ». Les femmes qui résistent sont rouées des coups. On a en outre dénoncé le viol des femmes par des soldats ougandais à Butembo en particulier dans les quartiers Kihinga, Rwenda, Isango, Mutiri, Mukuna et Butalirya » (41). Le cas suivant peut être également épinglé : Francine Ngoy a été arrêtée à Goma le 27 mai 1999 et battue à de « nombreuses reprises par des membres de l'APR alors qu'elle était détenue dans le centre de détention baptisé Chien méchant. Cette jeune femme de 22 ans était accusée de collaboration avec le gouvernement du président Kabila. Certains, parmi les 19 hommes et deux femmes enfermées en même temps qu'elle dans le centre de détention, auraient été soumis à des décharges électriques. Mme Ngoy a été transférée en octobre à Gisenyi, dans le Nord-ouest du Rwanda, où elle était détenue par l'armée. Elle a été relâchée en novembre et autorisée à retourner à Goma. Trois jours plus tard, elle a été de nouveau arrêtée puis détenue dans les locaux du service de sécurité militaire connu sous le nom de B2. Au bout d'une semaine, on l'a transférée à Gisenyi et placée dans le centre de détention militaire de « MILPOC » où elle est restée jusqu'en janvier 2000, date à laquelle elle a été libérée. Revenue à Goma, elle a continué d'être en butte au harcèlement des soldats de l'APR et du RCD. En février, elle a fui la région est de la RDC » (42). 2.5. DES ENFANTS SOLDATS Plusieurs filles ont été incorporées au sein des troupes des armées régulières et des groupes combattants en RDC. Elles sont affectées de facto à des tâches particulières notamment en tant que « nattes » des combattants. Le Collectif d'actions pour le développement des droits de l'homme (CADDHOM) cite à ce sujet le cas de 165 enfants soldats de l'unité « Spécial Cohi » (entraînés en Ouganda pour exterminer les populations de l'ethnie Lendu dans l'Ituri) qui en date du 22 février 2001 ont été récupérés par l'UNICEF et gardés au camps de transit de Kayandongo (district de Masindi) et parmi lesquels figuraient deux filles atteintes de sida et d'autres de MST telles le gonocoque et la syphilis à la suite des relations sexuelles qu'elles ont eues avec leurs moniteurs ougandais (43). Selon les trois ONG britanniques oeuvrant en RDC, « Bien que quelques unes ont suivi une formation militaire, il apparaît que très peu, sinon aucune ne participe aux combats. Le plus souvent les filles font les travaux domestiques et sont utilisées pour le sexe, surtout par les commandants... Beaucoup de filles restent « épouses » des supérieurs militaires, même lors de retour des forces étrangères dans leur pays d'origine. Beaucoup d'autres basculent dans la prostitution pour se prendre en charge et s'occuper de leurs enfants, abandonnés ou devenues veuves après la perte de leurs partenaires militaires » (44). 2.6. DE LA PROSTITUTION. Le récit ci-après démontre la situation dramatique de la femme congolaise qui est confrontée à un dilemme kafkaïen pour sa survie et celle de sa famille : « Tumba est une prostituée de 25 ans vivant à Bunia. « J'étais mariée à Beni quand j'avais 15 ans. Mon mari vivait de la mendicité, et après avoir supporté cela pendant sept ans, je l'ai quitté il y a deux ans et suis revenue à Bunia. Je suis prostituée depuis longtemps. Je n'ai pas de tarif fixe, mais j'accepte ce que l'on me propose – que ce soit entre 1$ US et 5$ US . Je dois rencontrer les hommes dans les bars, mais je les amène chez moi. Je paie 5$ US de loyer par mois pour ma maison. Je déteste la vie que je mène, j'ai essayé plusieurs fois d'arrêter, mais je n'avais pas d'argent pour payer mon loyer et acheter des habits, alors je suis retombée dans la prostitution. J'espère qu'un jour je pourrai avoir un autre emploi pour m'aider à survivre. J'ai vraiment peur du sida mais quel choix ai-je entre mourir de la faim aujourd'hui et mourir du sida demain? » (45). La crise généralisée pousse les jeunes filles et même les mamans à se livrer à la prostitution. Le fléau est d'autant plus « florissant » que les troupes armées présentes sur le sol congolais sont constituées des éléments bien rémunérés suite à la rentabilité financière de cette guerre. Il y a lieu de relever que le phénomène « Rabat » et « Un » en rapport avec les troupes de la MONUC rentre dans ce même contexte où les jeunes filles se livrent à la prostitution de façon éhontée. Et le métier de proxénète prospère (46). À propos de la généralisation de la prostitution (à Kisangani), le magazine catholique Afriquespoir cite les propos d'un observateur en ces termes : « on voit les filles se rendre vers les camps militaires, cherchant un peu d'argent et surtout quelques sachets de haricot, pour attraper le sida et puis mourir. Selon un expert (D.V.G), 80% des militaires ougandais sont séropositifs, et les rwandais ne le sont pas beaucoup moins. Nous voyons la mort entrer dans la ville et dans le pays » (47). 2.7. SITUATION DES FEMMES ANIMATRICES DES ORGANISATIONS SOCIALES Selon le Rapporteur spécial des droits de l'homme en RDC, la situation de cette catégorie de femmes est grave. Il a constaté des violations des droits d'association, d'expression, de réunion du droit à la vie, à l'intégrité physique et à la liberté individuelle, commises à l'endroit des associations féminines et de leurs animatrices. Ainsi, pour le gouvernement, les ONG servent les partis politiques et sont à la solde des pays agresseurs et de la rébellion, pour le RCD, elles seraient un regroupement des partis politiques extrémistes (48). Cette vision à travers le prisme déformant des idéologies des uns et des autres explique le traitement réservé à la femme animatrice sociale ou activiste des droits de l'homme par les deux principaux protagonistes de la guerre en RDC. Relevons quelques cas saillants : Le 5 novembre 1999 : arrestation et détention de la sœur Antoinette Farhi Nzigire qui s'occupait du dispensaire de la prison de Buluwo (Likasi) accusée de communiquer des informations à l'étranger sur la situation médicale des détenus. Ses rapports avec Xavier Chiribanya Chirimwami, ancien secrétaire particulier du commandant Masasu Nindaga auraient aussi justifiés son arrestation et sa consignation à Kinshasa après l'assassinat en janvier 2001 du président de la République Laurent Désiré Kabila. Deodale Chishibanji et Noella Mwavita Rugenge, représentantes des organisations féminines du Sud-Kivu au sein de la société civile, déportées vers le Rwanda avec d'autres personnes. Françoise Nzibera et Willy Kibal (16/01/2000), battues, détenues à Goma pour n'avoir pas révélé la cachette des femmes, membres de PAIF. Jeannine Mukanirwa et Immaculée Birhaneka (Goma 16/01/2000), arrêtées pour avoir assisté à une réunion de la société civile à Kinshasa. Le 12/12/2000, Mme Mukanirwa, vice-présidente de PAIF sera arrêtée au Beach Ngobila de Kinshasa par la DEMIAP pour complicité avec le commandant Masasu Nindaga. Thérèse Mbakana (30/ 10/1999), arrêtée à Mbuji-Mayi (Aéroport de Bimpemba), pour avoir transporté les écrits de l'ONGDH les Amis de Nelson Mandela pour les droits de l'homme (ANMDH), et transférée à l'Agence nationale de renseignement (ANR) de Kinshasa. Betsy Pichal et Tine Missine (07/02/2000), membres de l'ONG belge NCOS, arrêtées à Matadi puis transférées à Kinshasa pour présomption d'espionnage. Kasomo Mitheo (17/01/2000), responsable du Réseau femme et développement/Nord-Kivu, assassinée à Nairobi. Son corps présentait des traces de violence perpétrée contre elle. Le 08/03/1999: interdiction à Bukavu de la marche contre la violence dont souffrent les femmes organisée à l'occasion de la Journée internationale de la femme au motif que les femmes projetaient de marcher nues en signe de protestation. Par la suite, Marie-Jeanne Mbachu de la concertation des femmes oeuvrant à la base fut interdite en avril 1999 de quitter le territoire pour « détention des documents séditieux et incitation des femmes à la révolte. » Le 08/03/2000, les organisations des femmes du Kivu devraient organiser une journée sans femme au cours de laquelle, les femmes devraient rester à la maison, pleurer leurs maris et sœurs morts et prier. A cette occasion, Zita Kavungirwa, du Réseau des femmes pour la défense des droits et la paix fut interpellée à l'ANR puis accusée de « préparer un génocide ». Quant à Mme Mbachu, elle fut renvoyée de son travail à la Coopération technique allemande (GTZ) sur ordre des autorités du RCD/Goma. Le 09/10/2000 : plusieurs dirigeants de la société civile et d'ONG parmi lesquelles Venantie Bisimwa, ont été arrêtés et roués de coups par des militaires du RCD dans la rue puis conduits à la caserne Saïo pour s'être entretenus le 03/10/2000 à Goma avec la Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Mary Robinson. Le 04/05/2000: des soldats du RCD ont brutalisé Mwita Mugenge Noella, dirigeante d'organisation de base de Sud-Kivu, alors qu'elle rentrait de Kinshasa où elle avait participé à la Consultation nationale organisée par les chefs de confessions religieuses de la RDC. Elle a eu deux côtes cassées. Le 05/05/2000 : Colette Kitoga, coordinatrice du Centre psychomédical CMM, a été interrogée par les services de sécurité du RCD à son retour de Genève où elle avait assisté aux travaux de la 56e session de la Commission des Nations Unies pour les droits de l'homme. Elle s'est vue confisquer son passeport pour avoir voyagé sans autorisation. III. FEMME CONGOLAISE, FACILITATRICE DE LA PAIX Le modèle de processus de paix en cours actuellement est loin de contribuer à l'avènement d'une société restaurée et expurgée de violence (psychologique, morale, latente ou manifeste) et de rancœur que cette situation dramatique de la femme peut engendrer. C'est avec raison que la Directrice exécutive de l'UNIFEM, Noëleen Heyzer déclarait que « dans la plupart des cas, ce sont les mêmes hommes qui participent à la guerre et qui prennent ensuite la décision de mettre fin au conflit et pourtant ce sont les femmes qui doivent dispenser des soins aux victimes de la guerre, sur les plans tant psychologique que physique. Comment se fait-il que nous invitons les seigneurs de la guerre à la table des négociations et non pas les femmes ». Ainsi, nous constatons que la femme est absente de toutes les négociations menées dans le cadre de la résolution pacifique de la guerre en cours et pourtant, c'est elle qui en paie le lourd tribut (49). Le Secrétaire général des Nations Unies affirme non sans raison que « les femmes sont souvent mieux à même que les hommes de prévenir ou de résoudre un conflit parce qu'elles en connaissent le prix, sont des éducatrices de paix depuis des générations préservant l'ordre social quand des communautés entières s'effondrent sous le poids des conflits » (50). Sur le chemin de retour à la paix en RDC, les protagonistes ont besoin de se faire accompagner de la femme comme partenaire pour la paix. Le préalable pour rendre la participation de la femme efficiente au processus de paix reste sa réhabilitation en tant que membre à part entière de la société et mère, porteuse d'espérance et de vie de toute la société. Il y a lieu dès lors de réaliser les actions suivantes : Sur le plan répressif : Identifier les femmes et filles victimes des actes de violence ; Identifier les auteurs présumés de ces violences liées au genre ; Traduire et punir les auteurs pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité ; Etablir les règles de poursuite et les instances judiciaires spéciales (sur le plan national et international) ; Mettre en place des mécanismes de la justice réparatrice en vue de rétablir la femme dans ses droits au sein de sa communauté alors restaurée. Sur le plan médical et psychosocial : Assurer l'encadrement psychosocial des victimes : Permettre à la femme victime de retrouver un certain équilibre personnel nécessaire à sa réintégration au sein de sa communauté ; Permettre aux déplacées de rentrer dans leurs foyers pour retrouver la vie normale. Assurer une prise en charge médicale : Mener des campagnes de dépistage des séquelles physiques des violences notamment les MST dont le VIH/sida. Procurer des soins appropriés, à titre d'assistance humanitaire aux victimes ayant contractées des maladies de suite des violences physiques surtout à celles qui ont été contaminées au VIH/sida Sur le plan d'appui institutionnel : Tous les partenaires sociaux (publics, ou privés, nationaux ou internationaux) devront travailler pour le changement de la situation de la femme par : Le renforcement des capacités des groupes de travail sur les violences faites aux femmes pour les rendre plus aptes à faire face à ces phénomènes déshumanisants ; L'appui au partenariat stratégique entre les ONG spécialisées et les organisations de médias publics ou privés. (Il s'agit là du credo de l'UNIFEM qui est fort à propos pour le cas de la RDC) ; Le renforcement des capacités des femmes (formation, sensibilisation, éducation). 5. CONCLUSION Que conclure sinon que le drame que vit la femme congolaise est loin de se terminer dans un contexte général caractérisé par des violences multiformes exercées à son égard par toutes les forces belligérantes. Elle devient une victime expiatoire tant elle n'a pas un tribune d'expression, bâillonnée par les intérêts des protagonistes, réduite au silence par les coutumes millénaires. Que devient alors la société congolaise sans cette mère qui l'a conçue, engendrée et éduquée ? Une entité sans repaire, et sans avenir. Il est temps que le Congolais (et son ami étranger ) se ressaisisse et donne à sa mère l'honneur et la place qui lui convient en tant que facilitatrice de la paix, consultée non plus seulement de nuit, mais aussi de jour. C'est à ce prix que les accords de paix, les négociations politiques inter congolaises peuvent engendrer des mécanismes susceptibles de conduire la RDC à la paix durable et véritable. Ceci vaut aussi pour les autres états de la « Région des Grands Lacs » africains. ANNEXE 1 : CRI DU CŒUR DES MAMANS Face à l'exacerbation de leurs souffrances du fait de la guerre, les mamans de la Province du Sud Kivu ont lancé, le 28 février 2000 à Bukavu, un cri de détresse pour réclamer l'intervention de tous pour le retour à la paix en RDC et la fin de leur calvaire. Ce document exprime les sentiments qui animent toutes les femmes congolaises face à la tragédie leur imposée par cette guerre venue d'ailleurs. « ... Ici chez nous, voilà déjà quatre années de guerre. Des vies humaines par milliers ont péri, des familles entières ont été exterminées, toute la société, du côté de celui qui tue comme de celui qui est tué, se retrouve aujourd'hui minée. Personne donc ne peut prétendre y gagner. Car, même s'il amasse de l'or, du coton, de la cassitérite, du diamant et beaucoup d'autres biens, rien de tout cela ne voudra son prochain qui est tué. Et pourtant, nous en voyons qui cultivent la haine pour récolter la mort. Que gagnent-ils ? Nul n'ignore la charge familiale qui repose sur les mamans aujourd'hui. Les villages sont déserts, plus de récolte. A cause des déplacés de guerre, des familles sans revenu aucun, hébergent des dizaines de frères et sœurs fuyant les hostilités, les tueries à Bunyakiri, Kalonge, Burhale, Ninja et Kamituga... et les méchants ne se fatiguent pas. Ils ont décuplé les taxes pour acheter les armes et nourrir les troupes étrangères venues pour tuer et ils demandent qu'on les applaudisse et qu'on continue à leur donner le peu qui nous reste. Trop c'est trop ! Nous les mamans, nous sommes fâchées, exacerbées, ne nous rendez pas désagréables. Nous payons le prix fort de cette sale guerre : veuvage prématuré, viols et violence, poids économique d'une famille dont le chef (mari) ne reçoit plus aucun salaire depuis belle lurette... Chères mamans, il y a quelqu'un quelque part qui veut gagner dans le bain de sang chez nous, il parle de « la haine ethnique », « du nouveau génocide », « des machettes » et il veut faire endosser tout cela sur les justes. L'oppresseur qui tient le fusil en mains veut se faire passer pour la victime, alors qu'il sait qu'aucun d'entre nous n'est armé. Ce mensonge est destiné à ceux qui ne connaissent pas la barbarie de ceux qui nous occupent. Ne nous laissons pas tromper et attraper, ne les suivons pas. Nous gagnerons par la NON VIOLENCE et la détermination. Refusons les manipulations. Rejetons les propos ethnicistes à la mode dans certains pays voisins et les pratiques contraires à la culture congolaise et chrétienne, empreinte d'hospitalité et de solidarité. Engageons-nous plutôt pour le bien suprême : L'AMOUR DE DIEU ET DU PROCHAIN. Toutefois, restons fermes, déterminées et unies pour décourager toute contribution au mal. Conseillons nos maris et nos fils. Ne nourrissons pas les tueurs. Ne leur donnons aucun sou, ni au marché, ni ailleurs. Et surtout, prions pour eux afin qu'ils se convertissent. Et puisque les armes à la main, avec toutes les formes d'intimidation, on veut nous amener au mal, à faire le mal, le temps est venu d'appeler, sans plus tarder, au secours avant que le pire n'arrive. Que le président des états-Unis d'Amérique, Que tous les chefs d'état des nations européennes, Que les responsables des Nations Unies et de l'Organisation de l'Unité africaine, Que la communauté internationale, Que les présidents des pays complices dans la guerre au Congo, Que les marionnettes du RCD, Que le président de la République démocratique du Congo, Que tous les acteurs dans cette guerre absurde... Que tous sachent que, enfin, les mamans et leurs filles lancent ce dernier cri, elles n'en peuvent plus. Si vous ne voulez pas intervenir, reconnaissez-vous tous sanguinaires, si vous tenez à gagner le bain de sang au Sud-Kivu, ne tardez plus à venir car trop c'est trop et vous nous trouverez nombreuses. Sinon, intervenez avec les moyens qui les vôtres pour sauver la maman, la fille, son fils et son mari, si elle en a encore, et le 3e millénaire sera bienfaisant pour vous et pour nous. Finissez la guerre au Congo » (51). OUVRAGES ET RAPPORTS DE RÉFÉRENCES DES CAS SPÉCIFIQUES DES VIOLATIONS DES DROITS DE LA FEMME ARC, L'église profanée, chroniques de violations des droits du clergé pendant la guerre d'agression en RDC (Inédit). ARC, La guerre d'agression et les droits de l'homme en RDC, Éditions Arc-en-ciel, Kinshasa, janvier 1999. Christian Hemedi, Le clergé et la crise dans les pays de la région des Grands Lacs, in Le Scrutin n°26, mars-avril-mai 2001. Ministère des Droits humains, Livres Blancs tomes 1 à 3, Numéro spécial (2000 et 2001), Kinshasa. Rassemblement pour le Progrès, Pour qu'on oublie jamais, édité par le Rassemblement pour le progrès, 2e édition, Bruxelles, avril 2001. CNPD, Guerre en RDC, le peuple martyr dit non !, ENCOGUEV, Kinshasa, septembre 2000. COJESKI, les violations caractérisées des droits de l'homme dans le Kivu/RDC sous la mission des observateurs des Nations Unies au Congo, «MONUC», Rapport narratif des forfaits, Du 1er octobre 1999 au 29 janvier 2000. Amnesty International, République démocratique du Congo, la torture, arme de guerre contre des civils non armés, Londres, juin 2001. Amnesty International, République démocratique du Congo, la dignité humaine réduite à néant, Londres, mai 2000. IRC, Mortality in Eastern Democratic Republic of Congo, results from Eleven Mortality Surveys, 2001. Human Rights Watch, RDC, l'Est du Congo dévasté, civils assassinés et opposants réduites au silence, mai 2000, vol12, number 3(A). Human Rights Watch, RDC, l'Ouganda dans l'Est de la RDC: une présence qui attise les conflits politiques et ethniques, vol 13, number 2(A), mars 2001. Rapports sur la situation des droits de l'homme dans la RDC, présentés par M. Roberto Garreton, Rapporteur Spécial des droits de l'homme pour la RDC : -- 1999 ( E/CN4/1999/31 du 8/2/1999). -- 2000 ( E/CN4/2000/42 du 18/2/2000). -- 2001 ( E/CN4/2001/40 du 1/2/2001). ASADHO, Les cent jours d'administration du Général-Major Joseph Kabila : rien que des promesses, in Périodique des droits de l'homme, n° spécial, mai 2001. RFDP, Les viols des filles et femmes se systématisent au Sud-Kivu, territoire occupé par le Rwanda. Que visent les auteurs de ces viols ?, in La messagère, n°1, Bukavu, janvier 2001. VSV, Bulletins d'informations pour la défense et la promotion des droits de l'homme, 1998-2001. ASPD, Rapport du 3e trimestre 2000, l'Est de la RDC/Nord Kivu, Goma, 2001. ACPD, Rapport annuel 2000, Uvira, janvier 2001. ACPD, Monitoring des violations des droits de l'homme dans l'Est de la République Démocratique du Congo, 1er semestre 2001, Bukavu, juillet 2001. ACPD, Violations des droits de l'homme au sud Kivu : un engrenage infernal... , juillet-septembre 2001. Groupe Lotus, Rapport sur les affrontements ougando-rwandais à Kisangani du 5 au 10 juin 2000, Kisangani. Groupe Jérémie, Donner la parole à la base, N°1,2 et 3, RODHECIC, Kinshasa, 1999-2000. Centre Olame, Notre situation au Kivu particulièrement au Sud-Kivu au jour le jour, Bukavu, septembre 2001. Gertrude Mudekereza, Les femmes de Shabunda et la guerre, Bukavu, mai 2001. BASE DES DONNÉES DU CICR SUR LA FEMME ET LA GUERRE L'impact des conflits armés sur les femmes, CICR, 6 mars 2001. L'initiative prise par le CICR pour mieux répondre aux besoins des femmes affectées par un conflit armé : le point de la situation, mars 2001. Charlotte Lindsey, les femmes et la guerre, CICR, septembre 2000. Françoise Krill, La protection de la femme dans le droit international humanitaire, in Revue internationale de la Croix-Rouge, n°756, décembre 1985. CICR, les femmes et la guerre, édition spéciale, Genève, août 1995. NOTES POUR LE CHAPITRE 3 ET L'ANNEXE 1 18.- Gertrude Mudekereza, les femmes de Shabunda et la guerre, Bukavu, mai 2001. Retour 19.- Centre Olame, Notre situation au Kivu particulièrement au Sud Kivu au jour le jour, Bukavu septembre 2001. Retour 20.- CICR, les femmes et la guerre, Genève, 1995. Retour 21.- Chroniques d'une crise humanitaire, année 2000, République Démocratique du Congo, OCHA, mars 2001. D'après le Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA), la Guerre en RDC a créé le plus grand nombre de déplacés jamais enregistrés en Afrique dans le contexte d'un seul conflit. Retour 22.- Human Rights Watch, RDC, L'Est du Congo dévasté, civils assassinés et opposants réduits au silence, mai 2000, vol. 12, n° 3(A). Retour 23.- Roberto arreton, Rapport sur la situation des droits de l'homme en RDC, E/CN.4/2001/40 du 1er février 2001. Retour 24.- Notons que la ville de Mbuji Mayi se trouve dans la zone opérationnelle Et près du front centre. Ce territoire est en état de guerre depuis avril 1999. Prof. Akele Adau, La justice militaire dans le système judiciaire congolais, quelle réforme ?, in Congo Afrique, février 2001, n° 352, pp. 79-124. Retour 25.- Id., note 2. Voir aussi Infra, note 47. Retour 26.- Id., note 19. Si ce type particulier d'exaction est fréquemment signalé, la plupart des femmes se refusent à admettre publiquement qu'elles en ont été victimes, par crainte d'être montrées du doigt par la société ou rejetées par leur mari. Il est prouvé que, dans la région, de nombreuses femmes ont été répudiées par leur mari après avoir été violées. D'où la tendance pour plusieurs femmes violées à garder le secret du drame vécu. Retour 27.- RENADHOC, Rapport général du Forum National des ONDGH de la RDC, octobre 2000, Kinshasa, p. 109. Retour 28.- Supra, note 16. Retour 29.- Amnesty International, RDC, la dignité humaine réduite à néant, Londres, 31 mai 2001, AF 62/07/00/F . Lire aussi Amnesty International, RDC, la torture arme de guerre contre des civils non armés, Londres, juin 2001 ; AFR 62/013/01. Retour 30.- Supra, note 22. Retour 31.- Supra, note 29. Retour 32.- Rassemblement pour le progrès (RP), Pour que l'on oublie jamais, mourir pour avoir accueilli, aimé et protégé, éd. RP, 2e édition, avril 2001, Bruxelles, p. 12. Retour 33.- Supra, note 18. Retour 34.- Roberto Garreton, Rapport sur la situation des droits de l'homme en RDC, E/CN.4/1999/31 du 8 février 1999. Retour 35.- Supra, note 15. Retour 36.- Rapport du Département d'état américain sur la traite des personnes, 12 juillet 2001, in L'Observateur n° 1193 du 17 juillet 2001, pp. 7-8 . Retour 37.- Supra, note 18. Retour 38.- Ibid., note 18. Retour 39.- Supra, note 34. Retour 40.- Supra, note 29. Retour 41.- Supra, note 23. Retour 42.- Id., note 29. Retour 43.- Communiqué n°007/CADDHOM/RDC/001 du 8 mai 2001, Paris. Retour 44.- Supra, note 2. Dans le domaine de la santé de la reproduction, cet affaiblissement et cette disparition de structure d'encadrement ont eu pour effet de banaliser la sexualité, de la rendre intense et précoce, de la dissocier de la procréation pour les motifs de gratification individuelle ou de commercialisation en cette conjoncture de crise''. (Id., Note 12, pp. 197-222). Retour 45.- Supra., note 2. Retour 46.- «Le phénomène rabat» concerne la prostitution à Kisangani où les jeunes filles offrent leurs services auprès du contingent marocain de la MONUC qui y est stationné. Le phénomène «Un» concerne la ville de Kinshasa en référence à la mention «Un» (United Nations) inscrite sur les véhicules de la MONUC. A ce propos, lors de la réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies d'octobre 2000; le Groupe des ONG sur les femmes et la paix et la sécurité internationale a indiqué notamment que les casques bleus ont aussi parfois exploité des prostituées. De ce fait, ils devraient aussi rendre compte de leurs actes. (In Afrique Relance, janvier 2001, vol 14, n° 4, P.4). Retour 47.- Afriquespoir, n° 12, octobre-décembre 2000, P11. Le Directeur exécutif du Programme des Nations Unies de lutte contre l |
Connexion |