Historique

ACDS- Historique

La création de «l’Agence Congolaise pour le Développement et la Sécurité Sociale (ACDS)» survient parallèlement avec l’évolution significative dans le processus de la reconstruction et du rétablissement de la paix en République Démocratique du Congo (RDC). En réalité, ce projet a connu une longue période de préparation et de gestation.


La genèse de cette réalisation se situe vers le milieu de l’année 1998, plus précisément au mois de mai 1998, c’est-à-dire, à peine un an après la fin du régime du président Mobutu en 1997. La mise en place d’un nouveau régime à Kinshasa qui devrait enclencher une nouvelle ère dans l’ex-Zaïre avait suscité beaucoup d’espoir au sein de la population congolaise en vue d’un avenir meilleur. Dans ces circonstances naquît l’idée de mettre sur pied de nouveaux mécanismes nécessaires pour participer activement au processus de reconstruction nationale après l’échec du règne précèdent au Congo-Zaïre.


Jadis, l’énoncé du premier projet que j'avais élaboré fut intitulé et présenté comme une «réflexion portant sur la réorganisation de la vie économique et sociale des femmes congolaises au 21ième siècle». À cette époque, la première ébauche de l’organisation structurelle qui fut envisagée pour la réalisation de ce projet social fut nommée provisoirement : «Lisanga Bamama ya Kongo», en abrégée, L.B.K, traduit comme une «Organisation Sociale et Culturelle des Femmes Congolaises», en abrégée, OSCFC. Cependant, en août 1998, une deuxième guerre d’invasion éclata au Congo Démocratique.


Toutefois, ce projet fut présenté aux autorités congolaises auprès de l’Ambassade de la RDC à Bonn. Cette modeste initiative suscita une telle appréciation que le projet fut transmis à Kinshasa. La même réaction fut enregistrée à Kinshasa d’où les autorités d’autrefois me lancèrent une invitation pour la participation à la concertation nationale qui avait eu lieu à Kinshasa en février 2000. Monsieur Tshinga, alors chargé d’Affaires auprès de l’Ambassade de la RDC à Bonn me recommanda de saisir cette occasion pour présenter personnellement ce projet social aux autorités à Kinshasa en février 2000. Mais, en raison d’empêchement majeur de mon côté, cette rencontre fut reporté.


En août 2002, vers la fin de la rédaction de mon mémoire, il y eut élargissement dans la définition des concepts fondamentaux et d’axes d’intervention sociale dans les préparatifs liés à la réalisation de ce projet. Devant la situation désastreuse que subissent la RDC et sa population, notamment depuis l’éclatement de la deuxième guerre d’invasion en août 1998, une guerre que Madeleine Albright, alors Secrétaire d’État américain, qualifia de «première guerre mondiale africaine», compte tenu de sa complexité, du nombre d’acteurs directs et indirects et surtout de ses conséquences sur tous les plans, l’introduction des concepts de sécurité humaine et de développement économique, ayant comme référence majeure le rôle de la femme Congolaise dans le processus de reconstruction et de développement national, était essentielle pour la réalisation de ce projet de société en RDC.


À cet effet, un deuxième projet intitulé : «Rôle et place de la femme dans le processus de développement et le progrès social en Afrique centrale : le cas de la République Démocratique du Congo (RDC)» fut élaboré et présenté au Centre d’Études sur les Régions en Développement (CERD) de l’Université McGill à Montréal en août 2002.

La rédaction de ce deuxième projet a été le point culminant dans la seconde étape des préparatifs sur la création de l’ACDS. Les éléments de base dans ce projet sont : la sécurité humaine et le progrès social en République Démocratique du Congo (RDC).


En juin et juillet 2003, les statuts qui devraient régir la création et le fonctionnement de l’organisation envisagée furent alors progressivement structurés. Ils furent rédigés sous forme d’un document constitutionnel en août de cette même année. Le 7 septembre 2003, une nouvelle dénomination a été donnée à ce projet social. Ainsi, Lisanga Bamama ya Congo, une «Organisation Sociale et Culturelle des Femmes Congolaises», en abrégée, OSCFC, devient : L’Agence Congolaise pour le Développement et la Sécurité Sociale, en abrégée ACDS.


L’étape la plus décisive fut sans doute le recrutement et le choix des membres qui devaient s’associer ou se joindre à cette cause sociale et constituer l’équipe du départ pour la réalisation du projet. Ce recrutement a eu lieu au cours du mois de septembre 2003.

Dès lors, ce qui fut jusqu’ici un rêve individuel, devient une réalité collective avec, d’une part, l’organisation des élections des membres du Conseil d’Administration et la proclamation officielle de l’«Agence Congolaise pour le Développement et la Sécurité Sociale (ACDS)» le 4 octobre 2003 à Montréal, et d’autre part, les préparatifs pour la mise sur pied d’une équipe des membres du Bureau National de l’ACDS à Kinshasa en République Démocratique du Congo étaient désormais déclenchés. Une nouvelle organisation congolaise à vocation économique et sociale venait de naître.

Jeanne-Marie Sindani P.
Présidente Directrice Générale


Introduction


L’un des éléments qui caractérisent bon nombre des pays en voie de développement est la paupérisation croissante de la plus grande majorité de la population causée par l’enchaînement des crises politiques et la décadence économique.


Depuis la fin de la bipolarité Est - Ouest, les études faites dans plusieurs pays situés en marge de l’économie mondiale, notamment en Afrique, établissent un lien étroit entre le sous - développement et le cercle vicieux de la violence (Mohamed Ayoob: 1998; M.D. Snow : 1996). Ce phénomène est actuellement largement observé en Afrique centrale et dans la région des grands lacs africains.


Les causes qui sont à la base de la désintégration économique de cette partie du monde sont multiples; elles sont endogènes et exogènes: l’impact des guerres civiles prolongées (telles qu’au Rwanda-Burundi, en Angola, au Congo Brazza, en Rép. Démocratique du Congo (RDC)), l’absence de la culture démocratique, ainsi que les crises ou rivalités ethno - politiques (au Rwanda et au Burundi) fondées sur une culture d’armement et sur l’idéologie d’exclusion mutuelle. Tous ces éléments caractéristiques de ces pays représentent des fléaux majeurs qui entravent et compromettent tous les efforts du développement et du progrès social dans ces pays (Jean-Pierre Chrétien: 1996; Filip Reytjens et Stefan Marysse: 1998; C. Young & T. Turner: 1985).


Dans ce contexte des crises régionales, l’Afrique centrale représente donc la partie du continent africain qui est sérieusement tourmentée par ce malaise de l’insécurité humaine, telle qu’observée actuellement en RDC, une insécurité accrue par la violence armée, les crimes des masses, l’effondrement des infrastructures économiques de base et l’appauvrissement croissant de la population Congolaise.


La véritable épidémie qui ravage l’Afrique centrale sont des conflits armés qui s’enchaînent et anéantissent tous les efforts de reconstruction économique et favorisent la propagation des maladies endémiques. La guerre régionale qui a ravagé la RDC a eu un impact très dévastateur sur tous les plans. Sur le plan humain, les femmes et les enfants constituent la grande majorité des victimes, car elles sont soumises et exposées aux traitements les plus cruels : déplacements forcés, exécution en masse, tortures, travaux forcés, viols systématiques, vols à mains armées, enlèvement pour répondre aux besoins sexuels pervers de la soldatesque et des mercenaires étrangers.


Les exactions massives perpétrées de tout temps et en toute impunité à l’égard des femmes Congolaises se traduisent par des violations extrêmes des droits des humains qui ont des conséquences inéluctables sur la sécurité, le développement économique et la dignité humaine, ainsi que pour la survie et la réorganisation de la société (lire : www.cobelco.org; Human Rights Watch, rapports 1999 -juin 2002; Médecins sans frontières, rapports 1998-2002; International Rescue Committee, IRC-rapport du 08 mai 2001).


Pourtant, dans ce pays, la RDC, la femme représente le personnage central de l’axe familial, elle constitue le nœud ou point de jonction autour duquel gravite toute la dynamique familiale et sociétale.
En République Démocratique du Congo (RDC), la Congolaise jouit de tout temps, du point de vue sociologique, d’une considération et d’une affection remarquable. Dans ce pays, où l’individu féminin appelé affectueusement «mama», et cela peu importe son âge, est socialement considérée comme «la mère» de tous, donc de l’homme et de la société en général. Protèger la vie des femmes, c'est sécuriser l'humanité dans son essence même, et cela, sur tous les plans!


Cependant, malgré cet aspect à connotation prépondérante, la Congolaise, à l’instar des autres femmes africaines, tire de l’arrière et lutte pour l’affirmation de ses droits sociaux et l’obtention d’un équilibre social devant mener à l’équité afin de lui permettre d’améliorer sa condition humaine. En effet, ici, apparemment plusieurs forces entrent en contradiction : un «respect» traditionnel lié uniquement à son rôle de mère nourricière et garante de l’éducation et des valeurs traditionnelles d’une part, et l’insécurité permanente dans une modernité absurde et chaotique qui lui prive de tous ses droits, de sa sécurité, voire de sa dignité en tant qu’Être Humain, d’autre part.


Ainsi se trouve déjà posée notre problématique, comment se fait - il que malgré tout le rayonnement socio - culturel dont elle jouit apparemment et dont elle est supposée jouir réellement, la femme en RDC soit toujours en quête de sécurité et à la recherche d’une affirmation certaine, car étant constamment lésée par un système chaotique et inhumain (instabilité politique et sociale, insécurité permanente depuis plus d’un siècle, violence armée inextricable, etc.), elle est une véritable victime de tous ces maux qui ravagent le Congo Démocratique depuis plus d’un siècle!


Des mesures concrètes doivent être mises en œuvre pour améliorer les conditions de vie des femmes en RDC. Dans ce contexte précis, l’Agence Congolaise pour le Développement et la Sécurité Sociale (ACDS) veut se doter d’une vocation à caractère socio-économique à travers sa participation active dans la revalorisation des efforts des femmes Congolaises et l’orientation effective de leur rôle dans la reconstruction nationale, le progrès économique et la sécurité sociale après «la première guerre mondiale africaine.»


Jeanne-Marie SINDANI P.
Présidente Directrice Générale
presidence@acds.cd